Luc 13.22-28 - Je ne vous connais pas !
(mars 2006 -
10.8
feuillets)
Dieu est pourtant catégorique et la séparation n’est pas une option... Ceux qui refusent de se séparer du mal tant qu’ils le peuvent, c’est notre Seigneur qui les séparera de ceux qui avaient simplement pris au sérieux ce qui leur avait été dit par et dans la Bible... Mais ce sera trop tard pour eux !
Et il allait par les villes et par les villages, enseignant, et poursuivant son chemin vers Jérusalem.
Et quelqu’un lui dit, Seigneur, ceux qui doivent être sauvés sont-ils en petit nombre ?
Et il leur dit, Luttez pour entrer par la porte étroite ; car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas.
Dès que le maître de la maison se sera levé, et aura fermé la porte, et que vous vous serez mis à vous tenir dehors et à heurter à la porte, en disant, Seigneur, ouvre-nous ! et que, répondant, il vous dira, Je ne vous connais pas ni ne sais d’où vous êtes ; alors vous vous mettrez à dire, Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné dans nos rues.
Et il dira, Je vous dis, je ne vous connais pas, ni ne sais d’où vous êtes ; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité.
Là seront les pleurs et les grincements de dents, quand vous verrez Abraham et Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, mais vous, jetés dehors.
Je ne vous connais pas ! Cette phrase terrible bien des chrétiens du monde l’entendront le jour venu !! Bien trop de chrétiens du monde l’entendront parce que leurs faux pasteurs-conducteurs-docteurs-et-autres-prophètes n’ont pas fait leur travail en leur parlant de ce que la Bible dit vraiment !!! Ces derniers seront bien entendu dans la même situation que leurs victimes, mais ce ne sera pas une consolation pour les victimes.
Je vous propose aujourd’hui d’essayer de comprendre ce que notre Seigneur veut nous dire, avec, comme toujours dans cette rubrique de mon site, l’aide de quelques anciens respectés en leur temps, un peu trop oubliés aujourd’hui...
Jean Koechlin dans nous dit
Jamais nous ne voyons le Seigneur satisfaire la curiosité. Quand on Lui demande si les élus sont en petit nombre, Il en profite pour parler à la conscience, comme pour dire à chacun : Ne t’inquiète pas des autres ; fais en sorte d’être de ce nombre. Certes la porte est étroite, mais le royaume est assez vaste pour accueillir tous ceux qui désirent y entrer maintenant.
Et si tu ne veux pas de cette porte étroite (verset 13.24), tu n’auras devant toi plus tard qu’une porte fermée (verset 13.25). Quoi de plus solennels que ces coups frappés, que ces vains appels et que cette réponse terrible : "Je ne vous connais pas !" Il y a erreur, s’écrieront certains, j’ai pourtant eu des parents chrétiens, je suis allé régulièrement aux réunions, j’ai lu ma Bible et chanté des cantiques. Mais le Seigneur ne recevra dans son ciel que ceux qui L’auront ici-bas reçu dans leur coeur.
En quelques mots, Koechlin nous donne déjà quelques explications de base... Voyons ce que nous dit Frédéric Godet dans la Bible Annotée :
Verset 13.23 : En grec, "les sauvés sont-ils peu nombreux ?" Cette question est l’une des plus obscures que des esprits réfléchis puissent se poser ; elle se présente inévitablement à eux et les remplit d’angoisse ; mais elle ne doit pas devenir l’objet de spéculations oiseuses, Dieu seul en a le secret.
Quelque parole du Seigneur sur les difficultés du salut, peut-être sur la réjection future du peuple juif, avait soulevé le redoutable problème.
Verset 13.24 : en grec, "Combattez pour entrer par la porte étroite."
A comparer avec Matthieu 7.14 : car étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent et Godet nous conseille de relire son commentaire au sujet de ce verset :
Pour ce qui concerne la critique du texte, il faut remarquer :
1° que, selon Sin. (*) et des Pères, on devrait lire : "Large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, étroit et resserré est le chemin qui mène à la vie." Ainsi serait omis ce mot la porte, qui ne se trouverait qu’au commencement de l’exhortation. Mais ces autorités ne sont pas décisives.
2° Tischendorf, Westcott et Hort, Weiss adoptent la leçon de Sin. et B. : "Parce que, car étroite est la porte" Lachmann, Tregelles, Meyer préfèrent la leçon de la grande majorité des documents : "Combien étroite est la porte." Cette dernière est à retenir, car, si elle n’était authentique, son introduction dans le texte s’expliquerait difficilement.
Entrez, dit Jésus ; où ? évidemment dans le royaume de Dieu. Mais quel contraste ! Il y a une porte large, un chemin spacieux, facile suivi par la multitude, où chacun peut entrer et marcher avec ses convoitises et ses péchés, mais qui conduit à la perdition, c’est-à-dire à la mort, à la destruction.
Et là, Godet nous demande de réfléchir à ces versets :
... dont la fin est la perdition, dont le dieu est le ventre et dont la gloire est dans leur honte, qui ont leurs pensées aux choses terrestres (Philippiens 3.19)
Mais pour nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour la perdition, mais de ceux qui croient pour la conservation de l’âme (Hébreux 10.39)
Or ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition (1 Timothée 6.9)
Et il y a une porte étroite, très étroite, où l’on ne peut entrer qu’en devenant petit, que par la repentance et le renoncement. Elle introduit dans un chemin resserré, difficile, image des fatigues et des souffrances morales de la vie chrétienne ; mais il conduit à la vie !
Plusieurs interprètes, surtout parmi les mystiques, ont interverti l’ordre de cette belle image, se représentant le chemin (la vie chrétienne ici bas) avant la porte, dont ils font l’entrée du ciel à l’heure de la mort. Mais Jésus place la porte avant le chemin c’est dès ici-bas qu’il faut entrer dans son royaume par la conversion et il faut persévérer jusqu’à la fin par une sanctification constante.
(*) Une précision peut être utile ici, en complément à ce que nous dit Godet : dans ses commentaires, "Sin." désigne le "Codex Sinaïticus", c’est à dire un des manuscrits anciens de la Bible. Ce document a été découvert par Tischendorf dans le monastère grec de Sainte Catherine sur le Sinaï. Ce manuscrit se trouve aujourd’hui au British Museum. Pour ceux que le sujet intéresse, voir aussi .
Revenons à Godet, et au commentaire du verset 13.24 : Le Seigneur, par une image familière aux Ecritures, représente le salut comme une maison dans laquelle beaucoup de gens désirent entrer. L’accès en est rendu d’autant plus difficile, car la porte est étroite.
C’est le symbole de l’humiliation, de la repentance, de la foi, du renoncement, qui sont les conditions d’entrée du royaume des cieux. N’est-ce pas aussi le chemin douloureux par lequel Jésus lui-même a voulu entrer dans son règne ?
Jésus ne répond pas à la question qui lui a été adressée, mais faisant appel à la conscience, il ramène de la théorie à la pratique, de la spéculation au devoir présent, qui incombe personnellement à celui qui l’interroge.
Cette réponse est à comparer à Pierre lui dit : Seigneur, est-ce à nous que tu adresses cette parabole, ou à tous ? (Luc 12.41) et à Jésus lui répondit : En vérité, en vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu (Jean 3:3).
Et ce n’est pas seulement au questionneur, c’est à tous ("il leur dit") qu’il adresse cette sérieuse exhortation. Vous vous occupez du salut des autres, vous demandez combien seront sauvés ; il y a une question plus pressante : Le serez-vous vous-mêmes ? combattez pour entrer !
Ils ne le pourront, non à cause d’une volonté arbitraire de Dieu, mais parce qu’ils n’auront pas eu assez de décision et de persévérance pour entrer par la porte étroite, parce qu’ils auront reculé devant les humiliations et les douleurs de la repentance. Les paroles qui suivent décrivent d’une manière saisissante, tragique, cette scène finale de la réprobation.
Verset 13.25 : Le maître de la maison est le Seigneur lui-même.
Il attend, assis, que les siens soient entrés. Puis, à l’heure fixée pour l’ouverture de la fête, il se lève, et ferme la porte. Ceux qui sont restés dehors se mettent à heurter et a demander l’entrée, qui leur est refusée par ce motif : Je ne sais d’où vous êtes, c’est-à-dire vous n’êtes point de la maison, je ne vous connais point.
A comparer avec Plus tard, les autres vierges arrivèrent aussi et dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il répondit : En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas (Matthieu 25.11-12).
Verset 13.26 : Alors, c’est la conclusion de la longue phrase qui précède ; alors, mais quand il sera trop tard, vous direz...
Les deux arguments auxquels en appellent ces malheureux sont littéralement vrais, mais n’expriment que des rapports tout extérieurs avec le Sauveur. Leur réclamation, comme le remarque M. Godet, caractérisé la tendance des Juifs à faire reposer le salut sur certains avantages extérieurs. Jésus oppose à ces privilèges leur conduite morale.
A comparer avec Produisez donc des fruits qui conviennent à la repentance ; et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes, Nous avons Abraham pour père ; car je vous dis que Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham (Luc 3.8).
Verset 13.27 : Il y a quelque chose de solennel dans la répétition de ces mots : Je ne sais d’où vous êtes.
Mais les dernières paroles de ce verset montrent que le juste Juge savait très bien ce qu’ils étaient, des ouvriers d’injustice, c’est-à-dire des hommes qui ont fait et pratiqué l’injustice.
L’Eternel a entendu mes supplications, L’Eternel accueille ma prière. Tous mes ennemis seront saisis de honte et de tremblement ; Ils reculeront, soudain couverts de honte (Psaume 6.9-10)
C’est la cause de leur réjection.
Mais il ne faut pas oublier que l’essence même de l’injustice c’est la résistance à la volonté de Dieu.
A comparer avec Alors il dira aussi à ceux qui seront à sa gauche, Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges (Matthieu 25.41)
Verset 13.28 : Godet commence par nous renvoyer à mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors, là seront les pleurs et les grincements de dents (Matthieu 8.12) et à son commentaire de ce verset :
Les fils du royaume, les Juifs qui auront rejeté le salut. Hébraïsme qui marque un rapport intime avec quelqu’un ou quelque chose : "Fils de la résurrection," (Luc 20.36 "fils de l’époux," ses amis de noce (Matthieu 9.15).
Les ténèbres du dehors : la salle du banquet, qui avait lieu la nuit, était resplendissante de lumière, mais au dehors, tout était ténèbres.
Pleurs et grincements de dents, expression terrible de la douleur et du désespoir.
Revenons au commentaire du verset du jour :
Le mot "là" reporte la pensée sur le lieu où les réprouvés viennent d’être relégués (Luc 13.27).
La vue d’un bonheur infini, perdu par sa faute, sera, pour le réprouvé, la source de poignants regrets, d’une douleur morale sans nom, qui s’exprimeront par des pleurs (ou gémissements) et des grincements de dents.
Après avoir lu ce passage de Luc, et les commentaires de Koechlin et de Godet, il devrait être évident à chacun que bien des "chrétiens" ont bien des soucis à se faire... Mais je parle de soucis selon la Bible, qui amènent à la repentance, et la repentance, ce n’est pas au programme des églises de la grâce dans lesquelles les chrétiens dansent et chantent, et font la fête... Mangeons et buvons, car demain nous mourrons...
John Nelson Darby trouve ces quelques versets tellement "évidents" qu’il ne leur consacre que quelques lignes dans ses Etudes sur la Parole de Dieu. Voyons cependant ce qu’il nous a dit.
Comme il parcourait les villes et les bourgades accomplissant l’oeuvre de la grâce, quel que fût le mépris du peuple, on lui demande si le résidu, ceux qui échapperaient au jugement d’Israël, serait nombreux ? Il ne répond pas quant au nombre, mais il s’adresse à la conscience de l’interrogateur, lui ordonnant d’entrer par la porte étroite, en y employant toute son énergie. Non seulement la masse n’entrerait pas, mais plusieurs, ayant mis de côté cette porte, désireraient bien d’entrer dans le royaume, mais ne le pourraient pas ; et de plus, une fois le maître de la maison levé et la porte fermée, ce serait trop tard ; il leur dirait : "Je ne vous connais pas ni ne sais d’où vous êtes !" En vain ils insisteraient sur ce qu’il avait prêché dans leurs villes ; il leur déclarerait qu’il ne les connaissait pas, eux, ouvriers d’iniquité : il n’y avait pas de paix pour les méchants (Voir Esaïe 48.22 et 57.21) ; c’était par la conversion seule qu’on entrait dans le royaume ; la masse d’Israël n’entrerait pas ; et dehors, dans les pleurs et dans l’angoisse, ils verraient les gentils assis avec les dépositaires des promesses, tandis qu’eux-mêmes, enfants du royaume selon la chair, ils en seraient exclus et d’autant plus misérables qu’ils en étaient plus rapprochés.
Le commentaire de Darby, qui était capable d’écrire des pages et des pages pour n’expliquer qu’un seul et unique verset est bref... Ce passage ne devrait pas être trop difficile à comprendre. Et pourtant !. Essayons de réfléchir encore un peu...
Cette phrase terrible "Je ne vous connais pas" s’adressera à des "chrétiens" qui ne sont chrétiens que selon des critères du monde, et non pas selon les seuls critères de la Parole de Dieu... Les avertissement sont pourtant nombreux dans la Bible. En voici quelques uns :
Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier (Matthieu 13.30)
Il en sera de même à la fin du monde. Les anges s’en iront séparer les méchants du milieu des justes (Matthieu 13.49)
Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre laissé (Matthieu 24.40)
Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d’avec les autres, comme le berger sépare les brebis d’avec les boucs (Matthieu 25.32)
Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle (Matthieu 25.46)
En plus de tout cela entre nous et vous se trouve un grand abîme afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne puissent le faire, et qu’on ne parvienne pas non plus de là vers nous (Luc 16.26)
Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans un même lit, l’une sera prise et l’autre laissée (Luc 17.34)
Dehors les chiens, les magiciens, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime et pratique le mensonge ! (Apocalypse 22.15).
Tous ces versets, et bien d’autres par ailleurs, nous disent la même chose : le jour venu notre Juge Suprême séparera lui-même des siens tous ceux qui n’ont pas voulu se séparer du monde quand ils en avaient le temps ! J’ai reçu un nombre incroyable de mails que me reprochaient d’être séparatiste... Dieu est pourtant catégorique et la séparation n’est pas une option... Ceux qui refusent de se séparer du mal tant qu’ils le peuvent, c’est notre Seigneur qui les séparera de ceux qui avaient simplement pris au sérieux ce qui leur avait été dit par et dans la Bible... Mais ce sera trop tard pour eux !
Alors, pendant qu’il en est encore temps, si vous me lisez, et si vous pensez que je me trompe à ce sujet, relisez vraiment la Bible... Et réfléchissez vraiment à ce que vous lisez... En faisant abstraction de tout ce qui se raconte dans le "christianisme adapté au temps dans lequel nous vivons"...
Jean
Avignon, mars 2006